Deux sénatrices dénoncent l’échec des politiques de déradicalisation (Ouest-France, 22 février 2017)
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La prise en charge de la déradicalisation en France est un « échec » et les pouvoirs publics doivent changer de « concept », selon un bilan d’étape d’une mission d’information sénatoriale rendu public ce mercredi.

Rapporteures de la mission d’information « désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en Europe », la sénatrice écologiste Esther Benbassa et sa collègue Les Républicains (LR), Catherine Troendlé dressent un bilan global peu flatteur de la politique de déradicalisation et en particulier du centre dédié de Pontourny (Indre-et-Loire) qualifié de « fiasco ».

« C’est un fiasco complet, tout est à repenser, tout est à reconstruire », a commenté le président de la commission des Lois du Sénat, Philippe Bas, lors d’une conférence de presse.

« Business de la déradicalisation »

Selon Catherine Troendlé, le centre de Pontourny dont l’ouverture a bénéficié d’une grande médiatisation mais qui n’accueille plus de pensionnaires, « a démontré l’échec d’une politique de prise en charge de la déradicalisation fondée uniquement sur le volontariat de personnes ne faisant pas l’objet d’une procédure judiciaire ».

« Cet échec illustre pleinement le manque d’évaluation des dispositifs mis en place par l’État dans le domaine de la prise en charge de la radicalisation et l’absence d’une stratégie globale de prévention », a complété Mme Troendlé.

Critique envers la politique de regroupement des détenus radicalisés, sa consœur, Esther Benbassa, a critiqué la « hâte » avec laquelle les programmes de déradicalisation ont été conçus.

La sénatrice a déploré notamment un « business de la déradicalisation » : « malgré leur bonne volonté, plusieurs associations, recherchant des financements publics en période de pénurie budgétaire, se sont tournées sans réelle expérience vers le secteur de la déradicalisation. »

« Gabegie financière »

Esther Benbassa a appelé les pouvoirs publics à « changer de concept » sur cette problématique dont elle ne nie pas la complexité. « N’importe quel gouvernement aurait fait la même erreur, par manque d’expérience et de temps », a souligné la sénatrice du Val-de-Marne.

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