Et maintenant ? On lutte pour l’écologie et la justice (Reporterre, 9 mai 2017)
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« Pour analyser autrement que les médias dominants le résultat de l’élection présidentielle, Reporterre et Radio Campus ont organisé une « Alter soirée électorale ». Recomposition de la gauche, place de l’écologie, mouvements sociaux et résistances… Des débats passionnants dont voici le résumé.

Pour le second tour de l’élection présidentielle de 2017, Radio Campus Paris, Radio Parleur et Reporterre ont organisé dimanche 7 mai une soirée spéciale. Politiques, militants, chercheurs, comédiens, politologues ont répondu présent pour échanger ensemble dans un studio improvisé dans les locaux de La Ruche, en présence d’une centaine d’amis et de lecteurs ou d’auditeurs. Les débats pouvaient s’écouter en direct sur 93.9 ou sur Reporterre.

Trois heures de discussion autour de quatre grands thèmes :
. l’analyse des résultats,
. les législatives et la recomposition de la gauche,
. la place de l’écologie dans la politique
. et enfin les mouvements sociaux et citoyens.

A 20 h, le résultat est tombé : Emmanuel Macron est le nouveau président de la Ve République.

Résultats

Annoncés par le ministère de l’Intérieur en fin de soirée :

• Emmanuel Macron : 66,10 % des suffrages exprimés (43,63 % des inscrits)
• Marine Le Pen : 33,90 % des suffrages exprimés (22,38 % des inscrits).
• L’abstention est élevée, à 25,44 % des inscrits
• Les blancs et nuls atteignent un record : 11,47 % des votants (8,56 % des inscrits).

Premier plateau : l’analyse des résultats

Dania de Radio Campus et Marie Astier de Reporterre lancent le débat entre leurs invités : Olivier Razemon, spécialiste des transports, Emmanuel Dockès, juriste spécialiste du droit du travail, Esther Benbassa, sénatrice EELV-Paris et Danielle Simonnet, porte-parole de La France insoumise.

Pour Emmanuel Dockès, « les chiffres ne sont pas représentatifs de la volonté des Français car toutes les tendances n’étaient pas représentées ». Selon lui, la place de l’extrême droite « est une catastrophe, mais elle était attendue », et « la campagne a été parasitée par les affaires des candidats. Il aurait été préférable de travailler sur les débats, les idées, et non sur l’ego des candidats ».

Selon Olivier Razemon, « même si cette élection était bouleversante, les clivages entre la droite et la gauche sont restés les mêmes ». Bien que la politique proposée par Emmanuel Macron ne soit pas satisfaisante, celle de Marine Le Pen « mettrait davantage en question nos acquis sociaux ».

Danielle Simonnet, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, constate que « Marine Le Pen est battue et nous sommes soulagés, mais c’est également un refus de Monsieur Macron. Il doit respecter la diversité qui s’est opposée à lui ». Pour Olivier Razemon, « on va maintenant passer aux choses sérieuses. Le plus important c’est d’aller voter aux élections législatives ». Pour Esther Benbassa, sénatrice Europe Écologie Les Verts, le résultat de la présidentielle « est une victoire par défaut. C’était le vote utile, mais c’est maintenant que tout commence ». Tout autour de la table avec l’idée que les élections législatives représentent « le troisième tour », selon le mot de Danielle Simonnet.

Mais Emmanuel Dockès rappelle qu’« un Français sur trois a voté pour l’extrême droite, pour un autoritarisme xénophobe. Les cinq années qui viennent doivent permettre de lutter contre ces idées ».

L’autre fait marquant de ce scrutin est le fort taux d’abstention et le record de votes blancs ou nuls. Pour Danielle Simonnet, cela signifie que « la Ve République est à bout de souffle ». Et au téléphone, Marine Tondelier, élue EELV d’opposition à Hénin-Baumont, une ville dirigée par le Front national, « le FN a banalisé son discours. En 2012, c’était une surprise. Là, c’est clair : les gens s’y acclimatent au fur et à mesure ». »

Pour (ré)écouter cette soirée de débats en podcast, cliquez ici !

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