Législatives : cinq questions pas si bêtes sur la proportionnelle (« France Info », 13 juin 2017)
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C’est le serpent de mer de la Ve République. Faut-il instaurer un peu, beaucoup, intégralement, de proportionnelle aux législatives ? La question ressurgit, au lendemain du premier tour qui s’est tenu dimanche 11 juin, marqué par une abstention record de 51,29%.

Certes Emmanuel Macron et La République en marche semblent bien partis pour obtenir une majorité écrasante à l’Assemblée après le second tour du dimanche 18 juin. Mais sa victoire est relativisée par la démobilisation des électeurs. Que changerait la proportionnelle, mesure réclamée de droite à gauche par le Front national, le MoDem, EELV ou encore La France insoumise ? Pourquoi revient-elle au cœur de l’actualité ? A-t-elle déjà été mise en place sous la Ve République ? Franceinfo revient sur ce débat.

Pourquoi on reparle encore de la proportionnelle ?

Sans conteste, Emmanuel Macron sort grand gagnant du premier tour des législatives, avec le succès des candidats investis par La République en marche. Ce parti tout neuf devrait décrocher une très large majorité à l’Assemblée nationale, avec 415 à 455 sièges, selon une estimation Ipsos/Sopra Steria* pour France Télévisions et Radio France. Mais combien de bémols à ce triomphe puisque moins d’un Français sur deux a voté dimanche 11 juin ? « Le divorce entre un nombre croissant de citoyens et le régime est confirmé par le taux de participation de ce premier tour, de l’ordre de 50%, niveau historiquement bas », analyse le politologue Gaël Brustier dans Libération. Et si En marche ! pourrait rafler plus de 70% des sièges, le mouvement n’a recueilli, au premier tour, que 32,32% des suffrages.

 

Cet effet de levier est voulu. C’est pour assurer une majorité stable à l’exécutif que le général de Gaulle a instauré en 1958, à la création de la Ve République, le scrutin majoritaire uninominal à deux tours aux législatives. Au premier, les candidats de toutes les formations peuvent participer. Mais pour accéder au second, la barre est difficile à franchir : les deux premiers sont qualifiés d’office et les autres doivent réunir sur leur nom plus de 12,5% des inscrits pour se maintenir.

Ce mode de scrutin favorise donc les candidats arrivés en tête, souvent issus des partis dits de gouvernement. Et il élimine tous les autres, privés de représentation. Ses effets sont encore amplifiés par la réforme du quinquennat adoptée en 2000 et l’inversion du calendrier électoral en 2002, depuis laquelle les législatives sont organisées dans la foulée de la présidentielle. Les électeurs, jusqu’à présent, se sont toujours montrés légitimistes, en donnant une majorité au chef de l’Etat qu’ils viennent d’élire.

C’est encore le cas cette année, mais cette fois-ci, c’est un mouvement créé ex nihilo qui rafle la mise, quand les vieux partis sont sur le déclin. Une fois de plus, donc, la proportionnelle est réclamée à cor et à cri. C’est le refrain entonné au lendemain du premier tour des élections législatives par le Front national, mais aussi par des écologistes, comme la sénatrice EELV du Val-de-Marne Esther Benbassa ou encore l’ancien eurodéputé Daniel Cohn-Bendit. « Il faut introduire la proportionnelle en France ! », a martelé ce soutien d’Emmanuel Macron sur Europe 1.

Qui y gagnerait, qui y perdrait ?

Clairement, la proportionnelle permettrait de mieux représenter la diversité des opinions politiques des Français, puisque chaque parti obtiendrait des sièges en proportion du nombre de suffrages obtenu. Avec un bémol :  si le seuil de représentativité de 5% est retenu, les petits partis, en dessous de cette limite, ne seraient pas plus représentés qu’aujourd’hui.

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