L’unique centre de déradicalisation de France va fermer ses portes (« 20 Minutes », 28 juillet 2017)
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Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire). Le premier centre de déradicalisation ne devait accueillir que des «volontaires». — GUILLAUME SOUVANT / AFP
  • Gérard Collomb a annoncé ce vendredi la fermeture du centre de déradicalisation de Pontourny.
  • Ouvert en septembre 2016, il n’a accueilli que neuf pensionnaires et aucun d’entre eux n’a suivi le programme jusqu’à son terme.

L’unique centre de déradicalisation de France, situé à Pontourny en Indre-et-Loire, d’une capacité de 25 personnes mais qui n’accueille plus aucun pensionnaire depuis février, va être fermé, a annoncé ce vendredi le ministère de l’Intérieur, soulignant que « l’expérience ne s’est pas révélée concluante ».

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Le centre avait ouvert ses portes en septembre 2016, avec pour objectif de « préparer, proposer et dispenser une offre et un programme pédagogique utiles à la réinsertion de jeunes radicalisés en voie de marginalisation ». Il fonctionnait sur la base du volontariat. Mais, remarque la place Beauvau, il n’a accueilli que neuf pensionnaires et aucun d’entre eux n’a suivi le programme jusqu’à son terme.

Il devait accueillir des jeunes de 18 à 30 ans « en voie de radicalisation » et non pas des personnes condamnées, des personnes fichées « S » ni de « revenants » de la zone irako-syrienne. En janvier, l’un de ses pensionnaires avait été écroué pour avoir tenté de se rendre en 2016 en zone irako-syrienne, suscitant l’indignation.

Un rapport sénatorial publié le 12 juillet dernier critiquait sévèrement la politique de déradicalisation menée en France et demandait notamment la fermeture du centre de Pontourny. « Ça ne pouvait pas marcher car le concept, basé sur le volontariat, était mauvais », explique à 20 Minutes la sénatrice écologiste du Val-de-Marne, Esther Benbassa, l’une des deux auteures du rapport. « Il ne fallait pas s’attendre que des personnes radicalisées se présentent d’elles-mêmes pour se déradicaliser », ajoute-t-elle.

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« Il faut arrêter avec cette idée de centre », poursuit Esther Benbassa. Selon elle, il existe « différents profils chez les jeunes radicalisées ». Elle estime donc nécessaire de mettre en place « un suivi personnalisé, sur mesure » de ces personnes, de leur proposer « un accompagnement adapté à leur degré de radicalisation ». Le budget alloué au centre – 2,5 millions d’euros – permettrait d’ouvrir « des appartements éducatifs ».

De nombreux riverains s’étaient opposés à l’ouverture du centre dans cette petite bourgade de 2.900 habitants. Réunis au sein d’une association, ils avaient même lancé une pétition. « Notre association a en partie gagné », se félicite Michel Carrier, président de « Radicalement digne de Pontourny », joint par 20 Minutes. Mais la victoire ne sera totale que lorsque « nous serons ce qu’ils vont nous mettre dedans », ajoute-t-il. Il signale qu’une réunion est prévue, ce vendredi après-midi, à la préfecture d’Indre-et-Loire, afin d’évoquer avec les autorités le futur du centre.

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