Migrants: La sénatrice Esther Benbassa prépare une proposition de loi pour clarifier le délit de solidarité (« 20 Minutes », 17 octobre 2017)
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« Tout m’a heurtée » à la frontière franco-italienne. La sénatrice écologiste Esther Benbassa EELV) a dénoncé, lundi, les contradictions du gouvernement au sujet des migrants. « Le président Macron a dit qu’il fallait accueillir les réfugiés avec bienveillance, ce n’était pas le cas », a-t-elle déclaré à la presse.

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Membre de la commission des lois au Sénat, Esther Benbassa prépare une proposition de loi pour clarifier le délit de solidarité, après les condamnations à Nice de plusieurs bénévoles à de la prison avec sursis.

Elle s’est rendue à Menton « pour voir comment on contrôlait les trains », puis visité « la salle d’attente » de la police aux frontières et qui « n’était pas un endroit pour accueillir des réfugiés avec bienveillance » : « C’était exigu avec trois toilettes au milieu d’une cour et ça sentait très mauvais », a-t-elle affirmé.

Près de 37.000 interpellations depuis janvier à la frontière

Esther Benbassa s’est aussi penchée sur des registres dans lesquelles elle a trouvé parmi les noms de passeurs, de personnes interpellées, celui de personnes avec des mentions telles que « prostituée, a aidé des étrangers » ou « retraité, a aidé des étrangers » ou encore « femme au foyer, etc ».

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Selon la préfecture, la police aux frontières a procédé à 37.000 interpellations depuis janvier à la frontière. « Tout m’a heurtée », s’est-elle exclamée. « Etant professeur d’histoire à l’université, ça m’a rappelé des temps bien sombres où l’on contrôlait des trains pendant la Seconde guerre mondiale. Les policiers rentraient d’emblée dans le train et descendaient des gens ».

Une proposition de loi pour clarifier le délit de solidarité

Esther Benbassa a comparé l’agriculteur militant Cédric Herrou et l’universitaire Pierre-Alain Manonni, condamnés en 2017 pour leur aide aux migrants, aux Justes qui secouraient des Juifs en 1939-45. « Les gens risquaient très gros, c’était la guerre, aujourd’hui on risque beaucoup moins », a-t-elle dit.

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Au début de la crise humanitaire provoquée par l’afflux de migrants à la frontière proche de Nice, les peines prononcées à l’encontre de bénévoles se limitaient à des amendes. Pierre-Alain Mannoni, dont l’avocate a saisi la cour de cassation, a été condamné à deux mois de prison avec sursis en appel et Cédric Herrou à quatre mois de prison avec sursis. L’immunité humanitaire lui a été refusée en raison du caractère « militant » de ses actes.

 

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