«Panique», «précipitation»… Le rapport de deux sénatrices pointe les failles des missions de déradicalisation (20 minutes, 22 février 2017)
Partager

DJIHADISME Un an après le lancement de la mission d’information sur le « désembrigadement » des djihadistes menée par les sénatrices Esther Benbassa (EELV) et Catherine Troandlé (LR), un point d’étape a été rendu ce mercredi…

Près d’une année s’est écoulée depuis le lancement, le 14 mars 2016, de la mission d’information « Désendoctrinement, désenbrigadement et réinsertion des djihadistes en France et en Europe » menée par les sénatrices Esther Benbassa (EELV) et Catherine Torandlé (LR). Vingt-sept auditions et cinq déplacements dans une maison d’arrêt, à Bruxelles, à Mulhouse ou  à Pontourny dans le premier centre de déradicalisation initié par l’Etat, ont permis aux deux élues de dresser un bilan d’étape bien en deçà des attentes escomptées.

« Panique » et « précipitation »

Aux côtés des sénatrices, Philippe Bas, sénateur de la Manche et président de la commission des lois, a dépeint une « situation critiquable » et une « précipitation » dans la réponse apportée au lendemain des attentats du 13 novembre. « Les sénatrices ont pu constater la multiplication d’organismes dépourvus de savoir-faire qui ont fait la chasse aux subventions (…) Tout est à repenser », a-t-il lancé avant de donner la parole aux élues.

Prévention insuffisante, recrutement inadapté pour intégrer le centre de déradicalisation ou suppression des unités dédiées aux détenus islamistes dans les prisons, les initiatives officielles ou plus isolées ont été passées en revue par Esther Benbassa et Catherine Troandlé. La sénatrice Les Républicains a appelé à la mise en place d’un « nouveau modèle » axé sur la prévention et à la création d’un processus d’évaluation des structures chargées d’accueillir les personnes radicalisées. Sa collègue écologiste a, de son côté, insisté sur la nécessité d’intégrer les chercheurs aux projets ministériels.

Pas de formule magique

Peu flatteur, ce « bilan d’étape doit permettre d’alerter les autorités et montrer que la réponse apportée dans la précipitation n’est pas viable », a précisé Catherine Torandlé. Pas question de clouer au pilori l’actuelle majorité, a complété Esther Benbassa : « N’importe quel gouvernement aurait fait les mêmes erreurs. » Pressées par la série d’attentats en 2015 et 2016, les autorités ont été confrontées à la nécessité immédiate de prendre en considération ce phénomène de radicalisation. Une urgence en totale opposition avec le temps, beaucoup plus long, des prises en charge individuelles. […]

Pour (re)lire l’intégralité de l’article de 20 minutes, cliquer ici.