Radicalisation islamiste: le Sénat prône prévention et réinsertion (« Le Figaro », 12 juillet 2017)
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Les sénatrices LR et EELV Catherine Troendlé et Esther Benbassa alertent sur le nombre trop important d’associations cupides.

Anticiper et ne pas refaire les mêmes erreurs que celles qui ont plombé la lutte contre l’islamisme violent depuis trois ans. Le rapport des sénatrices Catherine Troendlé et Esther Benbassa sur les politiques de déradicalisation prend acte d’un processus complètement dysfonctionnel, car pensé et surtout réalisé dans l’urgence politique. Sont ainsi dénoncées l’hypercentralisation des dispositifs, au détriment des initiatives locales, et la place qui en a découlé pour «des associations trop nombreuses par rapport au nombre de personnes radicalisées». Et surtout manquant de compétences et financièrement avides.

Le rapport le martèle, il faut en finir avec les gourous et privilégier «les acteurs de terrains». La manne publique serait aussi trop généreuse. Le rapport propose alors le resserrement «du nombre d’acteurs», met l’accent sur la formation des intervenants et insiste sur la nécessité de miser sur les compétences. Autant de principes que le comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) tente de défendre sur le terrain, après bien des tâtonnements au cours de ces dernières années.

L’échec des unités dédiées en prison

À plusieurs reprises, le rapport insiste sur la nécessité d’évaluer en permanence les dispositifs tant il est difficile de trouver la martingale idéale, mais aussi parce que ces évaluations ont jusqu’ici fait défaut, qu’il s’agisse des «actions menées», de l’«efficacité des contre-discours» ou encore du «nombre de personnes radicalisées suivies». Un chiffre qui existe pourtant, puisque le ministère de l’Intérieur recense officiellement 2.500 personnes et 800 familles actuellement suivies.

Les sénatrices, favorables aux «initiatives locales», défendent un modèle de lutte fondé «sur les outils de droit commun» de la réinsertion, de l’individualisation des parcours, plutôt que des dispositifs établissant «un statut particulier» du radicalisé, supposant «une intervention dans le champ théologique». Dans cette perspective, le rapport prend acte de l’échec de l’expérience du centre de Pontourny et demande purement et simplement sa fermeture ainsi que l’arrêt du programme. De même, le rapport rappelle l’échec des unités dédiées en prison, mais déplore le coup d’arrêt aux nouvelles dispositions: «La très grande majorité des détenus radicalisés sont aujourd’hui mêlés au reste de la population carcérale sans traitement particulier», rappellent les auteures.

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