À Ouistreham, un migrant nous raconte pourquoi il rêve d’Angleterre (« HuffPost », 18 janvier 2018)
Partager

MIGRANTS – « C’est mon rêve d’aller là-bas et je n’abandonnerai pas jusqu’à ce que j’y arrive ». Comme beaucoup de jeunes migrants, Mohamed, 17 ans, tente chaque jour ou presque de monter dans l’un de ces camions qui pourraient l’emmener jusqu’en Angleterre. Là-bas, il y a sa famille, sa mère et son frère, et la perspective, peut-être, de trouver un travail.


Si Calais reste l’accès plus célèbre, Ouistreham est un autre point de passage vers le Royaume-Uni. Les ferrys partent de la ville normande trois fois par jour, autant de chances pour les migrants de rejoindre leur eldorado. Mais à Ouistreham comme à Calais, les contrôles sont très stricts et les chances de passer bien rares. Mohamed n’en démord pas: il réussira à traverser. Et même son altercation avec les forces de l’ordre sur le port, qui l’a menée à l’hôpital la veille, n’aura pas raison de sa motivation. « Si je reste ici, je vais devenir fou », nous explique-t-il dans la vidéo en tête de l’article.

 

Si le jeune homme impute le renforcement des contrôles du passage vers l’Angleterre au Brexit, la politique migratoire entre les deux pays est en fait régie par un texte signé en 2003. C’est ce « traité du Touquet » qui doit être complété ce jeudi 18 janvier lors d’un sommet entre Emmanuel Macron et la Première ministre britannique Theresa May.

L’objectif est de renégocier le texte pour que la Grande-Bretagne ouvre davantage ses portes aux jeunes migrants et fournisse une aide financière à la France. Peut-être une chance pour Mohamed d’arriver enfin à rejoindre ses proches, après un an d’exil.

Jusque là, les candidats à la traversée se regroupaient à Caen, à une quinzaine de kilomètres, et faisaient chaque jour le trajet à pied. Mais désormais, certains de ces migrants, des Soudanais pour la plupart, préfèrent rester sur place, quitte à dormir dehors, dans les bois, ou même dans la rue.

« Ils veulent aller en Angleterre parce que souvent, ils ont de la famille sur place. Par ailleurs, ce sont souvent des personnes anglophones donc c’est plus facile d’intégrer un pays dont on parle la langue », explique Patrick Arz, co-président de l’ASTI (association de solidarité avec tous les immigrés du Calvados) et membre de l’AG de lutte contre les expulsions.

 

Pour (re)lire l’article sur « Huffpost », cliquez ici !