Biographiei
Partager

Esther Benbassa chez elle, en 2020. Photo Antonin Ménagé.

Esther Benbassa est née à Istanbul dans une famille descendant des Juifs expulsés d’Espagne en 1492, et parlant toujours une forme d’espagnol médiéval (le judéo-espagnol, appelé aussi parfois ladino). Arrivée en Israël à l’âge de quinze ans, elle émigre finalement en France en 1972 et obtient la nationalité de ce pays deux ans plus tard. Outre le français, elle parle couramment le turc, l’hébreu et le judéo-espagnol. Elle a fait une partie de ses études en français (dans une école congréganiste) ainsi qu’en anglais, et a publié une grande partie de ses travaux dans cette dernière langue.

DISTINCTIONS

Chevalier dans l’Ordre national du mérite (2005).

Chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur (2011).

2006, Prix Seligmann contre le racisme, pour Juifs et musulmans. Une histoire partagée, un dialogue à construire, Paris, La Découverte, 2006.

2008, Prix Guizot de l’Académie française (médaille de bronze), pour La Souffrance comme identité, Paris, Fayard, 2007.

2017, Sénatrice de l’année (Prix du Trombinoscope, remis solennellement le 15 février 2018).

PORTRAITS PARUS DANS LA PRESSE

L’Histoire (octobre 1997)

Libération (16 mars 2006)

France 3 Ile-de-France (9 juin 2015)

Grazia (18 novembre 2016)

Slate (8 mars 2019)

Haaretz (16 juillet 2020, en anglais)

L’UNIVERSITAIRE

Parcours académique

Née à Istanbul, E. Benbassa a passé un baccalauréat français (depuis Tel-Aviv) et a fait ses études supérieures en Israël (université de Tel-Aviv) et en France. Docteure de troisième cycle de l’université Paris VIII (1978) avec une thèse sur la Culture et la Commune de Paris (1871) et docteure d’État (université Paris III, 1987), avec une thèse sur le rôle politique et diplomatique du dernier grand rabbin de l’Empire Ottoman, Haim Nahum, elle a été postdoctoral fellow du Lady Davis Fellowship Trust et de la Yad Hanadiv / Barecha Foundation au département d’histoire du peuple juif de l’Université hébraïque de Jérusalem en 1988-1989.

Titulaire du CAPES de lettres modernes, E. Benbassa a enseigné une quinzaine d’années dans le secondaire en Normandie et dans la banlieue nord de Paris. D’abord sur poste d’accueil au CNRS pendant deux ans, elle a finalement intégré cette institution comme titulaire avec le grade de directrice de recherche (1989-2000). Elle a ensuite été élue en 2000 directrice d’études à la Section des Sciences religieuses de l’École pratique des hautes études (EPHE, Sorbonne) sur la chaire d’histoire du judaïsme moderne. Elle a été la première femme à occuper ce poste. À l’EPHE, elle a fondé et dirigé le Centre Alberto-Benveniste d’études sépharades et d’histoire socioculturelle des Juifs.

Par ailleurs chercheure au Centre Roland Mousnier (CNRS / Université Paris-Sorbonne/EPHE) et professeure associée à l’Institut de recherche sur les civilisations de l’Occident moderne (IRCOM) de l’université Paris-Sorbonne, E. Benbassa a été régulièrement invitée à l’étranger comme conférencière, comme chercheure (pensionnaire du Collegium Budapest en 2002, puis du Netherlands Institute for Advanced Study en 2004-2005), et comme enseignante (ainsi à New York University en 2008).

Recherche

Orientaliste de formation, E. Benbassa a dévoué une large part de ses travaux à l’histoire moderne et contemporaine des Juifs en terre d’Islam, spécialement dans l’Empire ottoman. Elle a également beaucoup publié sur l’histoire des Juifs de France ainsi que sur l’histoire du sionisme. Historienne des représentations et de la mémoire, elle a consacré ses recherches les plus récentes à l’histoire de la souffrance en monde juif. Elle s’est par ailleurs investie dans une histoire comparée des conditions minoritaires à l’ère contemporaine.

On peut consulter ici la notice qui lui est consacrée dans le dictionnaire prosopographique en ligne de l’EPHE.

LA SÉNATRICE

E. Benbassa n’est entrée en politique que tardivement, EELV l’ayant invitée à se présenter sous ses couleurs, comme personnalité d’ouverture, aux élections sénatoriales de 2011. Elle s’était jusque-là fortement investie comme intellectuelle dans le débat public. Elle avait également été active dans le milieu associatif et avait notamment cofondé « Le Pari(s) du Vivre-Ensemble », une association dédiée à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes de discriminations. Elle avait œuvré pour le développement d’un dialogue judéo-musulman régulièrement mis à mal. Elle est d’ailleurs restée fidèle, comme sénatrice, à ces engagements fondateurs. Son action s’est concentrée sur les questions de justice sociale et environnementale, les questions sociétales, les libertés individuelles et publiques, le respect et la promotion des droits humains, l’égalité.

Premier mandat (Val-de-Marne, 2011-2017)

Placée en quatrième position sur une liste d’union de la gauche et des écologistes, E. Benbassa est élue sénatrice EELV du Val-de-Marne le 25 septembre 2011.

Elle devient vice-présidente de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d’administration générale, membre du comité stratégique de l’Agence du service civique, vice-présidente du groupe d’amitié France-Turquie, secrétaire du groupe d’amitié France-Israël, membre du groupe d’amitié France-Palestine, membre de l’Union interparlementaire, et membre du jury du Prix de la thèse du Sénat. Elle est membre du Groupe écologiste du Sénat pendant toute la durée de son existence (du 11 janvier 2012 au 27 juin 2017).

Contrôles au faciès. Dès le 16 novembre 2011, E. Benbassa dépose une proposition de loi relative aux contrôles d’identité et à la lutte contre les contrôles au faciès.

Droit de vote des étrangers. E. Benbassa connaît son baptême du feu parlementaire alors qu’elle est encore membre, comme tous les sénateurs écologistes, du groupe socialiste du Sénat. Elle est désignée rapporteure de la proposition de loi visant à accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales aux étrangers non ressortissants de l’Union européenne résidant en France. Ce texte est adopté lors d’une séance mémorable (lire le discours d’E. Benbassa) par le Sénat (alors majoritairement à gauche) le 8 décembre 2011. Il ne sera jamais appliqué, le processus législatif enclenché par ce vote ayant été bloqué par le président Sarkozy, et n’ayant pas été relancé par le président Hollande.

Mariage pour tous et PMA pour toutes. Dès le 27 août 2012, E. Benbassa dépose une proposition de loi visant à l’ouverture du mariage aux personnes du même sexe et à l’ordonnancement des conditions de la parentalité. Elle sera cheffe de file pour les écologistes, au Sénat, en 2013, lors de l’examen de la loi Taubira sur le « mariage pour tous ». Le 7 mai 2014, elle dépose une proposition de loi relative à l’accès égalitaire pour toutes aux techniques d’assistance à la procréation (PMA).

Discriminations raciales, ethniques et religieuses. À son initiative, la commission des lois du Sénat crée à l’automne 2012 une mission d’information sur les discriminations raciales, ethniques et religieuses. Elle en est co-rapporteure avec Jean-René Lecerf (UMP). Leur rapport, présenté en novembre 2014, est intitulé La lutte contre les discriminations : de l’incantation à l’action. Il fait une douzaine de propositions, dont celle d’introduire une fois tous les cinq ans, dans le recensement, une question sur le pays de naissance des ascendants et la nationalité antérieure « afin d’obtenir des résultats mesurables sur l’ampleur des discriminations et leur déploiement ».

E. Benbassa est par ailleurs rapporteure de la proposition de loi visant à la prorogation du délai de prescription des propos discriminatoires à caractère homophobe, sexiste et handiphobe et à son alignement sur celui des propos discriminatoires à caractère racial, ethnique ou religieux, texte, voté à l’unanimité par le Sénat le 30 janvier 2013.

Le 25 juillet 2013, elle dépose une proposition de loi visant à instaurer un recours collectif en matière de discrimination et de lutte contre les inégalités.

Prostitution, pénalisation des clients. E. Benbassa obtient le vote, le 28 mars 2013, d’une proposition de loi qu’elle avait déposée à l’automne 2012, visant à l’abrogation du délit de racolage public.

En février 2014, elle est désignée vice-présidente, au Sénat, de la Commission spéciale chargée d’examiner la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel. Elle s’est à maintes reprises exprimée à la fois en faveur d’un réel renforcement de la lutte contre le proxénétisme et contre le principe d’une pénalisation des clients au nom du droit des femmes à disposer de leur corps et pour prévenir un risque de dégradation supplémentaire de la sécurité et de la santé des personnes prostituées.

Cannabis. E. Benbassa est l’auteure de la première proposition de loi déposée en France pour la légalisation d’un usage contrôlé du cannabis. Déposé au Sénat en janvier 2014, ce texte est débattu en hémicycle en avril 2015 et est rejeté. Le 10 octobre 2016, E. Benbassa organise au Sénat, en collaboration avec la chaire d’addictologie du CNAM, un colloque intitulé « Légalisation du cannabis : l’Europe est-elle condamnée à l’impasse ? » (captations vidéo visibles ici).

Palestine. E. Benbassa est l’une des parlementaires ayant initié une proposition de résolution sur la reconnaissance de l’État de Palestine votée par le Sénat en décembre 2014.

Déplacés environnementaux. Elle est à l’origine de la proposition de résolution visant à la promotion de mesures de prévention et de protection des déplacés environnementaux votée par le Sénat en octobre 2015.

Déradicalisation. C’est à son initiative que la commission des lois du Sénat vote, en mars 2016, la création d’une mission d’information sur la déradicalisation. Elle en est co-rapporteure, avec Catherine Troendlé, sénatrice Les Républicains. Elles présente ensemble un rapport sur le sujet (Les politiques de « déradicalisation » en France : changer de paradigme) le 12 juillet 2017.

Libertés. Très attachée à la défense de nos libertés individuelles et des libertés publiques, E. Benbassa s’est abstenue sur l’instauration de l’état d’urgence après les actes terroristes de 2015, et s’est ensuite opposée à sa prorogation, de crainte que ses dispositions entrent progressivement dans le droit commun (ce qui n’a pas manqué de se produire). Elle s’est de même vigoureusement exprimée contre l’instauration d’une peine de déchéance de la nationalité pour les terroristes binationaux.

On peut retrouver ici l’intégralité de ses interventions en hémicycle pendant ce premier mandat.

Pour une revue détaillée de l’action d’E. Benbassa pendant ce premier mandat, on pourra aussi consulter en ligne un bilan complet des années 2011-2017.

Second mandat (Paris, depuis 2017)

Pour les élections sénatoriales de 2017, E. Benbassa est tête de liste écologiste à Paris et est élue le 24 septembre 2017. Le 3 octobre 2017, elle rejoint le groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE), en tant que rattachée administrative. Elle est depuis lors membre de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d’administration générale et vice-présidente de la délégation sénatoriale aux outre-mer.

Elle intervient sur différents sujets, en ayant particulièrement à cœur de garder le contact avec le terrain :

• elle accompagne dès ses débuts le mouvement des Gilets jaunes – dont elle accueille des représentant.e.s au Sénat le 5 décembre 2018,

• se distingue par une participation active aux travaux de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla,

• plaide la cause des migrants et des sans-papiers,

• visite régulièrement des centres de rétention administrative (CRA) ainsi que divers campements à Paris, à Calais, à Ouistreham, etc.,

• dénonce les conditions de vie dans les prisons françaises (qu’elle visite aussi régulièrement), notamment pour les mineurs,

• lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes,

• dénonce les violences policières,

• participe, avec les divers forces de gauche, à la promotion d’un RIP contre la privatisation d’ADP,

• se bat, dans la rue avec les salariés, et au fil de meetings avec toutes les forces de gauche, contre la réforme des retraites,

• dépose régulièrement, avec ses collègues écologistes du Sénat, des amendements aux textes ayant trait à l’alimentation, à l’environnement, à la santé et à la transition écologique,

• plaide en faveur d’une autorisation des usages thérapeutiques du cannabis, et est à l’initiative d’un débat sur le sujet en hémicycle le 29 mai 2019 (le gouvernement confirmant alors son accord pour une expérimentation sur deux ans),

• développe une réflexion à visée législative sur la condition animale, et dépose, le 21 janvier 2020, une proposition de loi pour un élevage éthique, socialement juste et soucieux du bien-être animal co-signée par des sénateurs et sénatrices de diverses sensibilités politiques.

E. Benbassa a organisé ou coorganisé plusieurs rencontres :

• Le 9 février 2018, « Comment lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans le monde politique? », au Palais du Luxembourg, avec le journal Libération. Captations vidéo visibles ici.

• Le 12 octobre 2018, « Changement climatique, quelles conséquences sanitaires? », au Palais du Luxembourg. Captations vidéo visibles ici.

• Le 18 mars 2019, « Nous avec les animaux ? », au Palais du Luxembourg. Captations vidéo visibles ici.

• Le 6 mai 2020, « Corona…viril ! demain sera féministe ou ne sera pas ! » avec Regards (meeting en ligne). À revoir ici.

• Le 8 juillet 2020, « Police, violences, racisme » (meeting en ligne soutenu par EELV). À revoir ici.

Depuis le 1er octobre 2017, E. Benbassa a posé 44 questions au Gouvernement (questions écrites et questions d’actualité) sur les sujets les plus divers : conditions de vie des peuples autochtones de Guyane, « Montagne d’or », Kurdes de Syrie, violences policières, libertés publiques, santé, pandémie COVID-19 et « confinement », environnement, traitement des déchets, pollutions, etc.

Pour plus de détails, on peut, sur ce second mandat, consulter en ligne les documents suivants :

Bilan de l’année 2017-2018

Bilan de l’année 2018-2019

Bilan de l’année 2019-2020

L’AUTEURE

E. Benbassa a écrit ou dirigé plus d’une trentaine d’ouvrages, qui ont été traduits dans une douzaine de langues.

Un grand rabbin sépharade en politique, 1892-1923, Paris, Presses du CNRS, 1990.

Une diaspora sépharade en transition (Istanbul, XIXe – XXe siècles), Paris, Cerf, 1993.

Histoire des Juifs de France, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 2e éd. revue et mise à jour, 2000, suivie de plusieurs réimpressions.

La République face à ses minorités. Les Juifs hier, les musulmans aujourd’hui, Paris, Mille et une nuits/Fayard, 2004.

La Souffrance comme identité, Paris, Fayard, 2007. 2e éd., Hachette, coll. « Pluriel », 2010.

Être juif après Gaza, Paris, CNRS Éditions, 2009.

De l’impossibilité de devenir français. Nos nouvelles mythologies nationales, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2012.

Égarements d’une cosmopolite, Paris, Bourin Éditeur, 2012.

Istanbul la sépharade, Paris, CNRS éditions, 2015.

Vendredi noir et nuits blanches, Paris, Lattès, 2016.

Avec Aron Rodrigue

Une vie judéo-espagnole à l’Est : Gabriel Arié, Paris, Cerf, 1992.

Juifs des Balkans, Espaces judéo-ibériques, XIVe – XXe siècles, Paris, La Découverte, 1993. Réédition entièrement revue, sous le titre Histoire des Juifs sépharades. De Tolède à Salonique, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 2002, réédition suivie de plusieurs réimpressions.

Avec Jean-Christophe Attias

Dictionnaire de civilisation juive, Paris, Larousse-Bordas, 1997. 2e éd., 1998.

Israël imaginaire, Paris, Flammarion, 1998. 2e éd., 2001 (sous le titre Israël, la terre et le sacré).

Les Juifs ont-ils un avenir ?, Paris, Lattès, 2001. 2e éd., Paris, Hachette, coll. Pluriel, 2002.

Le Juif et l’Autre, Gordes, Le Relié, 2001.

Petite histoire du judaïsme, Paris, Librio, 2007.

Dictionnaire des mondes juifs, Paris, Larousse, coll. À présent, 2008, édition refondue et augmentée du Dictionnaire de civilisation juive paru chez le même éditeur en 1997 et réédité en 1998.

Sous sa direction

Mémoires juives d’Espagne et du Portugal, Paris, Publisud, 1996.

Transmission et passages en monde juif, Paris, Publisud, 1997.

La haine de soi. Difficiles identités, Bruxelles, Complexe, 2000 (avec J.-C. Attias).

L’Europe et les Juifs, Genève, Labor et Fides, 2002 (avec Pierre Gisel).

Les Sépharades en littérature. Un parcours millénaire, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2005.

Juifs et musulmans. Une histoire partagée, un dialogue à construire, Paris, La Découverte, 2006 (avec J.-C. Attias).

Itinéraires sépharades. Complexité et diversité des identités, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2010.

Dictionnaire des racismes, de l’exclusion et des discriminations, Paris, Larousse, 2010.

Israël-Palestine. Les enjeux d’un conflit, Paris, CNRS Éditions, 2010.

La France en situation postcoloniale ?, numéro hors série de la revue Mouvements (septembre 2011).

Minorités visibles en politique, Paris, CNRS Éditions, 2011.

Encyclopédie des religions, Paris, Fayard/Pluriel, 2012 (avec J.-C. Attias)

Salonique, ville juive, ville ottomane, ville grecque, Paris, CNRS Éditions, 2014.

Dans les quartiers, l’égalité c’est maintenant ! Livre blanc, Paris, Le Pari(s) du Vivre-Ensemble, 2014 (avec J.-C. Attias).

Juifs et musulmans. Retissons les liens!, Paris, CNRS Éditions, 2015 (avec J.-C. Attias).

Les Sépharades. Histoire et culture du Moyen Âge à nos jours, rééd. poche, Paris, CNRS Éditions, 2016.

Nouvelles relégations territoriales, Paris, CNRS Éditions, 2017 (avec J.-C. Attias).

Violences sexistes et sexuelles en politique, Paris, CNRS Éditions, 2018.

Nous et les animaux, Paris, Les Petits Matins, 2020.