Esther Benbassa, sénatrice de l’année 2017: le texte de son discours (15/02/18)
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L’image contient peut-être : 1 personne, deboutLe 15 février 2018, à l’Assemblée nationale, Esther Benbassa recevait, avec Catherine Troendlé (sénatrice LR du Haut-Rhin), le Prix des Sénatrices de l’année 2017 du Trombinoscope.

Voir les photos de la cérémonie.

Voir l’article d’Yves Thréard publié dans le supplément du Trombinoscope.

Voici le texte du discours qu’Esther Benbassa a prononcé à cette occasion.

« Catherine Troendlé et moi, nous partageons ce prix pour notre rapport d’information sur les politiques dites de « déradicalisation ». Malgré nos sensibilités politiques bien différentes, nous avons su faire converger nos points de vue.

Je viens d’ailleurs, je suis le produit de plusieurs cultures, je parle plusieurs langues, je crois aux vertus de l’échange. Et d’abord au sein de cette République qu’à Istanbul déjà, dès mon plus jeune âge, les miens m’ont appris à aimer.

Les cosmopolites apprennent vite à faire des ponts entre leurs univers.

Chercheure, professeure d’université, militante associative, je suis devenue une politique sur le tard. Je le dois à la proposition que Sergio Coronado me fit, un soir de la fin de l’été 2010, de porter les couleurs d’un parti que je connaissais peu, dont je n’avais pas la carte, et qui était le seul capable de tant d’audace… Après réflexion, non sans témérité, j’ai accepté de me lancer.

Je fais de la politique en toute liberté parce que j’ai un métier. C’est une chance. J’appartiens à un petit parti, EELV. Il n’y a plus de groupe écologiste au Sénat. C’est ainsi, je m’en accommode.

J’ai choisi d’être une sénatrice nomade, souvent sur le terrain : dans la boue de Notre-Dame-des-Landes, en prison, en centre de rétention, partout où souffrent les migrants et où luttent les aidants. J’écoute, je me bats, je ne cède pas. Je suis la sénatrice des plus exposés : précaires, racisé.e.s, discriminé.e.s, prostitué.e.s, LGBT. La sénatrice des droits humains et des libertés fondamentales. La sénatrice des sans-voix.

En m’attribuant cette distinction, vous, journalistes, avez donné un porte-voix aux causes que je défends. Merci pour elles. Merci pour celles et ceux qui m’ont aidée à devenir ce que je suis. Merci à Sergio, à Cécile Duflot, à Stéphane Sitbon, à David Cormand, à Bruno Bernard, à Daniel Breuiller, à David Belliard, à Jean Desessard, mon ancien président de groupe, merci enfin aux militantes et aux militants de mon vaillant petit parti, qui m’inspirent et me guident.

Merci à mon cabinet, toujours investi, à Marie, à Vincent, ainsi qu’aux membres du groupe CRCE et à sa présidente Eliane Assassi qui m’accueillent comme « rattachée administrative » depuis octobre. Merci à Jean-Christophe Attias, mon conjoint et collaborateur clandestin non rémunéré…

Merci à vous toutes et tous ici présents. Et merci à la France qui a ouvert ses portes (je les ai parfois un peu forcées) à l’immigrée que j’ai été et ne cesserai sans doute jamais d’être. »

Vous pouvez (re)voir le discours en consultant la vidéo ci-dessous.

Retrouvez ci-dessous les articles publiés à la remise de prix :