Les passeports d’Alexandre Benalla (interventions dans les médias)
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Interview dans L’Obs (28 décembre 2018): Passeports diplomatiques de Benalla : « Nous sommes désormais devant une affaire d’Etat »

Par Serge Raffy

Esther Benbassa est sénatrice Europe Ecologie-Les Verts de Paris, membre de la commission des Lois qui a entendu en septembre dernier Alexandre Benalla, ex-chargé de mission de l’Elysée, pour des violences en marge de la manifestation du 1er-Mai à Paris. Il avait alors assuré avoir rendu ses passeports diplomatiques à l’Elysée. Pourtant, d’après Mediapart, Alexandre Benalla, licencié cet été par l’Elysée, a continué à voyager ces derniers mois avec un passeport diplomatique dont il bénéficiait lorsqu’il travaillait pour Emmanuel Macron. Interview.

Les révélations sur le passeport diplomatique de l’ancien collaborateur du président peuvent-elles modifier l’agenda de votre commission ?

Il est clair que ce nouvel épisode de l’affaire Benalla, « l’acte 2 », si on peut dire, doit logiquement amener la commission d’enquête sénatoriale à entendre à nouveau Alexandre Benalla. Nous devions remettre notre rapport en février. C’est au bureau de la commission de demander cette nouvelle audition. En ce qui me concerne, je suis plus que favorable à ce qu’il revienne s’expliquer devant nous. En tout état de cause, si Benalla a effectivement utilisé ce passeport après son départ de l’Elysée, il y a parjure, puisqu’il nous a menti en prétendant qu’il l’avait laissé dans son bureau de l’Elysée. Nous sommes donc entrés dans une phase qui sera immanquablement judiciaire.

Le parjure, c’est un délit très grave…

Bien sûr. Les peines encourues sont cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende. Mais le plus grave relève d’une incroyable bizarrerie dans le fonctionnement de l’Elysée. Comment expliquer qu’un homme qui vient de commettre l’agression de la place de la Contrescarpe, donc le 1er mai dernier, puisse bénéficier d’un passeport diplomatique, validé le 19 mai, alors qu’il est encore suspendu de ses fonctions, et que ce passeport est valable jusqu’au 19 septembre 2022 ? Quelles étaient les missions alors confiées par la présidence de la République à un homme qui sentait le soufre ? Par quel passe-droit a-t-il obtenu ce document ? Et, bien sûr, l’a-t-il utilisé lors de ses voyages ?Nous allons demander aux autorités compétentes de nous communiquer toutes les informations à ce propos. Si, comme il l’est dit, il a utilisé ce passeport pour se rendre en Israël et en Afrique, il ne pourra pas échapper à l’accusation de parjure. Et puis nous pensons qu’il nous a menti sur d’autres sujets durant son audition, en particulier sur le fait qu’il possédait une arme de poing, un Glock, sans autorisation. Il a prétendu qu’il l’avait car il s’occupait de la protection d’une personnalité européenne de nationalité allemande et qu’en Allemagne on n’a pas besoin d’autorisation pour ce genre d’armes. Or, c’est en France qu’il exerçait ses fonctions. Nous avons besoin d’éclaircir ce point, également.

Vous déclarez que cette affaire vous désole. Que voulez-vous dire ?

Je suis atterrée car il y a ce qui devient une affaire d’Etat et aussi un côté vaudeville, une mauvaise pièce de boulevard. On pourrait l’intituler « J’ai laissé mon passeport dans le placard… de l’Elysée ». Mais, hélas, ce n’est pas une comédie, car tout cela révèle une sorte de chaos au sommet de l’Etat, et surtout l’idée que la complaisance du président à l’égard de cet individu a traîné en longueur. C’est là que se situe le vrai problème. Tout cela me désole car nous avons d’autres urgences pour notre pays, bien plus tragiques. Cette histoire pollue le débat politique. Il y a la montée des périls populistes en Europe, les enjeux du réchauffement climatique. Tous ces dangers que nous devons affronter sont écartés, mis sur la touche médiatique, par les manigances d’un petit personnage. Nous avons, à la commission, le sentiment qu’il s’est moqué de nous.

Retrouver cet article sur le site de L’Obs

Affaire Benalla, acte 2 : les passeports diplomatiques – Marianne (28 décembre 2018)

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Le Parisien (28 décembre 2018)

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