Municipales 2020 en Val-de-Marne – Actu à chaud #102
Partager

Les annonces de soutiens – ou pas se multiplient à l’approche du 28 juin, divisant parfois les partis, en l’occurrence les écologistes. Ambiance de plus en plus délétère entre rivaux qui auraient pu s’allier… L’actu à chaud de cet entre-deux-tours des élections municipales 2020 en Val-de-Marne.

A Villiers-sur-Marne, les écologistes divisés dans leur soutien

A Villiers-sur-Marne, la question des soutiens écologistes est source de polémique. Alors qu’au premier tour, le candidat officiellement investi par EELV était Jacques Grenier, celui-ci s’est allié au second tour avec Jean-François Pirus (LREM) et Frédéric Massot (PS) dans le cadre d’une liste sans logo portée par le socialiste. Conséquence : EELV Val-de-Marne ne soutient pas cette alliance tripartite mais ne soutient pas non plus d’autre candidat alors que se maintient également Adel Amara (soutenu par LFI) contre le maire sortant Jacques-Alain Bénisti (LR). La sénatrice parisienne (anciennement élue dans le Val-de-Marne) Esther Benbassa a en revanche apporté son soutien à Adel Amara ainsi que David Belliard, candidat EELV de premier tour à Paris, rallié à Anne Hidalgo. De quoi faire bondir Jacques Grenier qui s’en est ouvert à l’intéressé dans un e-mail, récupéré publiquement par l’équipe d’Adel Amara qui dénonce des propos nauséabonds, reprochant à à l’écologiste d’avoir qualifié le candidat de Villiers à Venir d’indigéniste. Jacques Grenier n’a pas souhaité faire de commentaires à ce stade.

A noter ce mardi 23 juin le débat entre Jacques-Alain Bénisti et Adel Amara.

A Créteil, Thomas Dessalles (LFI) et David Cousy (EELV) ne soutiennent personne, Linda Bouifrou (EELV) choisit Cathala
A Créteil, l’équipe de Thomas Dessalles, soutenue par LFI, annonce ne soutenir personne au second tour. « Nous ne souhaitons pas donner de consigne de vote car nous faisons confiance à la responsabilité citoyenne des cristoliennes et des cristoliens pour ce second tour des élections municipales. Certains parmi nous s’interrogent sur la décision d’organiser ce scrutin sans possibilité de débat démocratique et s’abstiendront, d’autres voteront blanc pour faire valoir leur droit d’expression, d’autres enfin voteront peutêtre pour la moins pire des deux listes. En tout état de cause, nos principes et engagements étant clairs, pas une voix n’ira à la droite », insiste la liste qui se refuse à soutenir le maire sortant en raison de plusieurs projets comme l’extension de l’incinérateur, la gestion déléguée de l’eau, le soutien à la Cité éducative, le projet de tour Arbre de vie ou encore le développement de Créteil Soleil.

Du côté des écologistes, les positions sont divisées. D’un côté, Linda Bouifrou appelle à voter massivement pour Laurent Cathala. « Ce n’est pas un choix pour faire « barrage » à la Droite, mais pour Créteil. D’autant que nous étions dans l’incapacité – le reste de la gauche- de nous organiser (LFi, travaillistes, écolos.) en coalition, que des listes ont fonctionné en doublons (notamment tragiquement EELV), et qu’on ne pouvait pas laisser passer LREM (malgré ma grande sympathie pour le jeune candidat en tête de liste, et les députés de nos deux cantons !). De toute façon, pour nous (mon équipe et moi), il était évident, et ce n’est pas un secret, de partir avec Monsieur Cathala dès le deuxième tour si l’occasion nous était donnée. Nous avons respecté, à notre désavantage, l’engagement de notre AG à partir sur une liste autonome pour le premier tour, mais étions libres pour notre choix du deuxième tour », détaille l’ex-candidate qui était en concurrence avec un autre écologiste au premier tour, David Cousy, lequel ne donne pas de consigne de vote. « Quel que ce soit le résultat de ce second tour des élections municipales, l’écologie ne sortira pas gagnante… mais ce n’est que partie remise ! « estime l’ex-tête de liste qui ne donne pas de consigne de vote en affirmant que « personnellement », il ne votera pas pour la droite.

Ecologie Ivry Seine Amont ne soutient plus Sabrina Sebaihi et pétitionne
A Ivry-sur-Seine, la fusion de Sabrina Sebaihi (EELV) et d’autres colistiers écologistes avec Philippe Bouyssou (PCF), sans représentants de LFI ni du PS, ne passe pas auprès du mouvement local Ecologie Ivry Seine Amont. Celui-ci a décidé de ne pas suivre l’ex-tête de liste écologiste et a lancé une pétition pour protester contre la manière dont il s’estime être fait voler son vote. Voir la pétition

Pour rappel du contexte, lire : Fusion Bouyssou-Sebaihi à Ivry-sur-Seine: l’effet boomerang qui suscite la colère

Sale ambiance

Choisy-le-Roi : ambiance à couteaux tirés entre Nathalie Lemoine (LREM) et Tonino Panetta (LR)
Pas de réconciliation en vue après l’échec de la fusion entre Nathalie Lemoine (LREM), Tonino Panetta (LR) et Ali Id Elouali, candidat EELV de premier tour. Les deux derniers ont fait cause commune avec le soutien du député LREM de la circonscription Jean-François Mbaye et d’une partie de l’équipe de la candidate En Marche qui se sont désolidarisés de la campagne. Depuis, l’ambiance entre ceux qui ont failli s’allier est de plus en plus électrique. Et le débat tripartite entre les deux têtes de liste et le maire sortant Didier Guillaume (PCF) sur France 3 n’a pas apaisé les relations.

Alors que France TV a proposé un retour vidéo sur le débat sur son compte Youtube, l’un des des commentaires de la candidate a été particulièrement mal reçu. « Ce que vous n’avez pas vu en coulisses, c’est la goujaterie du candidat Panetta, à mon égard. Ce monsieur considère soit, qu’une femme doit être en admiration devant lui, soit elle est une « s—–e ». Vous pensez vraiment que ce Monsieur respecte les femmes et fera mieux que ceux qui refusent de reconnaitre les agressions dont sont victimes les femmes. Il faut à un moment ouvrir les yeux et savoir faire des choix courageux. Si vous voulez changez ne donnez pas votre voix à celui qui considère les femmes comme une quantité négligeable », charge la candidate. Une accusation injuste et inadmissible pour le candidat LR qui dénonce ces propos qu’il considère comme insultants. C’est dans ce contexte tendu que les deux candidats se sont à nouveau croisés en fin de semaine dernière, donnant lieu à un échange dont les versions de chacun diffère. Sur sa page Facebook, la candidate indique avoir vu Tonino Panetta en revenant de déposer ses documents de propagande électorale. « Je me suis faite agresser par le candidat Tonino Panetta. Dans la rue devant tout le monde, au mépris du respect et des gestes barrières : le motif : je suis une traître et je dénonce son comportement machiste. Le comportement inacceptable d’un élu et d’un candidat ! Je partage l’un de ses propos que lui considère comme normal. Tu dis être une femme politique, mais tu n’existes pas. Pour moi tu n’existes pas ! Après 15 mn d’invectives dans la rue devant de multiples témoins », témoigne Nathalie Lemoine qui a obtenu en retour le soutien du Mouvement radical via un communiqué officiel appelant au calme et à l’apaisement. De son côté, Tonino Panetta dément les propos incriminés. « Je lui ai simplement demandé de m’expliquer pourquoi elle m’avait accusé de cette manière. Par ailleurs, j’ai dit que quelqu’un qui ne tenait pas des engagements pris devant ses équipes et le député de la circonscription n’existait pas politiquement pour moi. Mais je ne lui ai jamais dit qu’elle n’existait pas », dément la tête de liste.