Réguler le cannabis pour lutter contre «l’apartheid» à la française (Libération, 26 janvier 2015)
Partager

par Laurent Appel et Fabrice Olivet,

SORTIR DE LA DOXA PROHIBITIONNISTE

La Seine Saint-Denis est en tête des infractions sur les stupéfiants alors qu’elle figure à la 42ème place de l’enquête ESCAPAD 2008 sur les jeunes de 17 ans déclarant consommer du cannabis au moins 10 fois dans le mois. La chasse à la boulette de shit autant que les points fixes de deal pourrissent la situation et favorisent le repli dans la distinction identitaire et/ou religieuse. Comme l’affirme la campagne Guerre aux drogues, guerre raciale : « (…) nous sommes tous concernés par cette question : la guerre aux drogues n’est-elle pas aussi une guerre aux banlieues, aux minorités, une guerre raciale ?».

Le député de l’Essonne ne serait pas aussi isolé qu’il semble le croire. Le récent rapport du think tank Terra Nova plaide pour une régulation du marché, des chercheurs au CNRS ou à l’EHESS ont publié récemment des analyses convergentes. La proposition de loi de la sénatrice Esther Benbassa autorisant l’usage contrôlé du cannabis est examinée en vue d’un vote en février. Le sénateur Jean Desessard, rapporteur de la proposition, vient d’auditionner un panel très représentatif. Il n’a pas oublié, comme souvent, de convier les organisations d’usagers. Il dispose des informations nécessaires pour proposer des améliorations au texte et actualiser notre modèle de 2006.

Nous appelons Malek Boutih à porter ces travaux devant l’Assemblée Nationale quel que soit le résultat au Sénat. Le gouvernement doit sortir de la doxa prohibitionniste pour privilégier une mesure indispensable au rétablissement de la République dans tous ses territoires.

Laurent APPEL Consultant d’ASUD (Autosupport des Usagers de Drogues) et Fabrice OLIVET Directeur d’ASUD (Autosupport des Usagers de Drogues)

Pour (re)lire l’article dans son intégralité sur Libération, cliquez ici!

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.