Sénatoriales: les écologistes espèrent pouvoir de nouveau créer un groupe de dix élus
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Les très bons scores des Verts aux municipales dans les grandes villes suscitent de l’espoir.

Alors qu’il y avait un groupe écologiste au Sénat jusqu’en 2017, les sénateurs restants, au nombre de 4 ou 5, sont aujourd’hui répartis dans trois groupes. Esther Benbassa et Guillaume Gontard chez les communistes ; Joël Labbé et Ronan Dantec dans le groupe RDSE et Bernard Jomier au PS. EELV, cependant, juge avoir des chances de pouvoir se retrouver à dix et donc de constituer cet automne un nouveau groupe. Surtout si le parti peut compter sur le ralliement de Sophie Taillé-Polian. Cette dernière appartient au mouvement Génération.s qui se rapproche de plus en plus d’EELV.

Si EELV et le PS ne sont parvenus à aucun accord sur cette échéance, les très bons scores des écologistes aux municipales dans les grandes villes, peuvent leur faire espérer deux élus dans le Rhône, Raymonde Poncet et Thomas Dossus, mais aussi en Gironde avec Monique de Marco et dans le Bas-Rhin avec Jacques Fernique. Peut-être un siège en Haute-Savoie ou un autre dans les Bouches-du-Rhône, malgré une gauche embrouillée et la nouvelle candidature de Jean-Noël Guerini, toujours poursuivi par la justice.

Des écologistes comptent encore sur divers indépendants de la gauche et de leurs rangs, mais c’est peut-être sur ce point que le bât blesse. En juillet, le patron du parti, Julien Bayou, a réuni les élus écologistes du Sénat pour leur dire son souhait d’un groupe très homogène. C’est du moins ce qu’a entendu l’ex-EELV Bernard Jomier. «Moi, je n’irai pas dans un groupe EELV. Je suis écologiste mais j’ai quitté le parti», dit-il, favorable avec Ronan Dantec à un groupe ouvert et libre de ses votes. «L’écologie est un champ politique fragile qui a émergé aux municipales dans les métropoles sur un taux de participation faible», prévient-il. «En réalité, la droite a gagné au niveau national et cela se verra aux sénatoriales. L’ouverture politique doit être un marqueur fondamental à gauche en vue de 2022.»

Candidate pour prendre la présidence de ce groupe potentiel – elle est la plus ancienne et surtout la seule encartée EELV -, Esther Benbassa se veut rassurante. «Moi, je crois dans la diversité, nous sommes des adeptes de la biodiversité et notre groupe devra le respecter, ce qui ne nous empêchera pas d’avoir une ligne et une frontière bien tracée.»