Archives de : estherbenbassa

  1. Bikini de Reims: “Il faut arrêter de sauter sur chaque fait divers pour l’instrumentaliser” (27 juillet 2015)

    les inrocks

    Alors que le parquet a écarté dimanche tout “mobile religieux” à l’agression sur une jeune femme portant un bikini dans un parc de Reims, retour sur l’emballement.

     La violence de la scène, personne ne la conteste. Son instrumentalisation ? C’est plus discutable… Dans un article publié samedi 25 juillet, L’Union de Reims (Marne) affirme que le mercredi précédent, une jeune femme de 21 ans a été lynchée par cinq autres, âgées de 16 à 24 ans tenant un discours “aux relents de police religieuse”.

    Le quotidien a déclenché une tempêté médiatique récupérée par la droite, l’extrême droite et une partie de la fachosphère. Seulement voilà, dès le lendemain L’Union met discrètement à jour son article (en précisant l’avoir publié la veille), en souligne que “ni la victime, ni les auteurs des coups n’ont fait état lors des auditions d’un mobile religieux ou moral”.

    Dérapage médiatique

    “Mercredi après-midi, une Rémoise de 21 ans accompagnée de deux amies se prélasse en maillot de bain au parc Léo-Lagrange. Cinq jeunes filles originaires de différents quartiers de la ville passent à proximité”, peut-on lire au début de l’article publié samedi par L’Union à propos de l’altercation entre les jeunes filles dans le parc municipal de Reims. Avant de poursuivre :

    “L’une d’elles se détache du groupe. Voir cette femme qui bronze au soleil, allongée dans l’herbe, semble contraire à sa morale et sa conception des bonnes mœurs car elle vient lui reprocher sa tenue légère jugée indécente en pareil endroit. Effarée par un tel discours aux relents de police religieuse, la jeune femme se rebiffe en rétorquant qu’on n’a pas à lui dicter sa façon de se vêtir”.

    La scène dérape, et la jeune femme en bikini est rouée de coups. Transportée au CHU de Reims, elle se voit prescrire quatre jours d’ITT (incapacité totale de travail). Les réactions sur la toile s’enchaînent.

    Instrumentalisation politique

    Le maire Les Républicains de Reims, Arnaud Robinet partage l’article de l’Union sur son compte Twitter, assorti d’un commentaire : “Intolérable sur notre territoire. Je condamne fermement cette agression”. Le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti fustigent une attaque de “notre mode de vie”

    Au sein de la “fachosphère”, le ton est à peu près le même. Karim Ouchkih, patron du SIEL (Souveraineté, Indépendance et Libertés), parle du “laboratoire de la charia”.

    Tandis que SOS Racisme Reims a organisé dimanche après-midi un rassemblement en maillot de bain dans le parc Léo Lagrange. L’association, contactée par Les Inrocks, se défend de toute récupération :

    “Nous avons organisé cette manifestation pour rappeler que nous sommes libres, libre d’être en maillot de bain dans un parc comme celui de Léo Lagrange. Le combat féministe n’a jamais été le cheval de bataille du FN ou de l’extrême droite. Donc à partir de là, nous n’avons aucune leçon à recevoir d’eux, et nous condamnons fermement ces propos qui sont antimusulmans, anti-citoyens, qui ne font pas avancer notre cause et les valeurs républicaines à l’intérieur de ce pays”, souligne Tiguda Diaby, responsable des comités région de SOS Racisme.

    “Je suis musulmane oui, mais tolérante”

    Contactée par BuzzFeed France, une des cinq filles mises en cause a donné sa version des faits : “J’étais en effet avec trois amies et ma petite sœur mercredi vers 16h30, quand nous sommes allées au parc Léo Lagrange. Nous sommes passées devant trois filles en maillot de bain et j’ai juste dit à ma copine que si c’était moi, je n’oserais pas me mettre dans cette tenue. Mais j’ai dit ça car je suis complexée, absolument pas pour des questions religieuses ou morales. Je suis musulmane oui, mais tolérante”.

    Avant d’ajouter : “Les journalistes ne se rendent pas comptent de ce qu’ils font. Oui, elles n’auraient pas dû se battre mais eux, auraient dû vérifier les informations. Depuis qu’ils ont laissé entendre que notre motif était religieux, c’est horrible. Ma famille ne veut plus me parler. Je dois dormir chez ma tante là. Je lis tous ces commentaires racistes sur nous. Franchement, nous sommes faibles, moi je suis faible, j’ai des idées noires”.

    “A chaque fois que quelque chose ne va pas, c’est la faute des musulmans, déplore Esther Benbassa, sénatrice Europe Ecologie les Verts (EELV) du Val de Marne, contactée par Les Inrocks. Je pense que M. Ciotti devrait lire des livres d’histoire et surtout ceux des années 1930 pour voir les retombées éventuelles du genre de discours qu’il tient, et les dégâts que cela peut produire. Il faut arrêter de sauter sur chaque fait divers pour l’instrumentaliser.”

    Marche arrière

    Mais le lendemain, L’Union corrige ses propos de la veille, “oubliant” le “discours aux relents de police religieuse”… :

    “Les réseaux sociaux n’en finissent plus de se passionner pour l’agression de cette jeune femme qui bronzait en maillot de bain au parc Léo-Lagrange de Reims ce mercredi. Sans connaître les motivations précises de l’agression – on ignore quels sont les propos tenus par les jeunes filles qui ont molesté la victime – les commentaires pleuvent et fournissent toutes sortes d’explications”.

    Le journal local ne s’arrête pas là. Dans son édito du lundi 27 juillet, “Le bikini gate”, la journaliste de L’Union Carole Bouillé, reconnaît que l’expression “police religieuse” “était probablement maladroite ou hâtive”. Elle continue :

    “Ce que montre ce bikini gate, c’est la fragilité d’une France à fleur de peau, sur les nerfs, où chacun regarde l’autre avec méfiance. Les musulmans se sentent stigmatisés, les laïcs menacés, les catholiques mis en danger, les juifs en péril. Nous avons rarement cohabité aussi difficilement dans notre pays. Si les réseaux sociaux se sont emparés de ce fait divers, c’est parce que chacun y a lu ce qu’il voulait bien lire, que chacun a compris, ce qu’il voulait bien comprendre. Loin de vouloir attiser le feu, notre rédaction a avant tout cherché à informé, expliquer, enquêter sans jamais vouloir ni diviser ni stigmatiser.”

    Les trois filles majeures seront jugées pour “violences en réunion” le 24 septembre devant le tribunal correctionnel. La plus jeune des mises en cause, 16 ans, a fait l’objet d’une convocation devant le délégué du procureur tandis que l’autre mineure, 17 ans, a été sous le statut de témoin assisté.

    Pour consulter l’article des Inrocks dans son intégralité, cliquez ici.

  2. Les transports et la pollution à Paris (Sud radio, 27 juillet)

    sud radio

    Retrouvez mon interview (29’30) dans Sud Radio sur les transports et la pollution à Paris en cliquant ici.

  3. Le cas Vincent Lambert (Sud radio, 24 juillet 2015)

    sud radio

    Retrouvez mon interview (13 minutes et 40 secondes) dans Sud Radio sur le cas Vincent Lambert en cliquant ici.

  4. Esther Benbassa «C’est bien souvent par manque d’arguments politiques…» (Libération, 26 juillet 2015)

    libération

    INTERVIEW

    Depuis les années 2000, des associations communautaires rivalisent de chiffres pour relever actes antisémites et islamophobes. Au risque de paniquer tout le monde regrette la sénatrice.

    Esther Benbassa est sénatrice Europe Ecologie-les Verts de Seine-et-Marne. Elle s’inquiète de la «guerre de chiffres» à laquelle se livrent les associations juives et musulmanes qui tiennent une comptabilité régulière des actes islamophobes et antisémites.

    La diffusion de chiffres recensant les actes antisémites et islamophobes se multiplie, et cela vous alarme. Pourquoi ?

    La semaine dernière encore, je lisais un entrefilet dans la presse : les actes antisémites auraient augmenté de 84% de janvier à mai, selon le service de protection de la communauté juive et le ministère de l’Intérieur. Un Français juif qui lit cela se dit «ce n’est pas possible, c’est les pogroms, il faut que je parte». Que veulent dire ces chiffres ? Comment ces actes sont-ils recensés ? Depuis quelques années, des organismes privés et communautaires – juifs comme musulmans – se sont aux aussi lancés dans une «guerre de chiffres». Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) ou le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) publient régulièrement une comptabilité des actes islamophobes ou antisémites dont on ne sait pas vraiment d’où ils viennent. Mais ils risquent de paniquer les citoyens de chaque communauté.

    Il ne faut pourtant pas être aveugle à la recrudescence des actes antireligieux ?

    Nul ne peut dire qu’il n’y a pas d’antisémitisme en France. Les juifs ont été ces dernières années les premières victimes du terrorisme en France. Les attentats ont aussi provoqué une multiplication des actes islamophobes. Les musulmans se sentent lésés parce qu’à leurs yeux, l’islamophobie n’est pas combattue comme ils le souhaiteraient : le mot lui-même est encore discuté. Mais il ne faut pas être alarmiste. Regardons plutôt ce que disent les études des chercheurs qui reposent sur d’autres méthodes que la seule déclaration d’actes ou de menaces. Selon l’Ifop, en 1946, seul un tiers des personnes sondées considéraient les juifs comme des Français comme les autres. Aujourd’hui, ils sont environ 85%. L’indice longitudinal de tolérance, mis au point par le chercheur Vincent Tiberj, montre que la France de 2014 est plus intolérante que celle de 2009, et même que celle de 2005, année des émeutes urbaines. Mais la situation s’est tout de même un peu améliorée entre 2013 et 2014. Mieux : la tolérance a grandi envers les juifs et les musulmans lors des deux mois qui ont suivi les attentats – alors que les actes antireligieux flambaient. Les intolérants restent confinés à certaines franges de la population : extrême droite, milieux radicaux musulmans, catholiques les plus pratiquants.

    Ces chercheurs étudient les préjugés des Français. Pourquoi être gênée en revanche par le recensement des actes antireligieux par les associations ?

    De quels actes parle-t-on ? Dans quels lieux ? Il est très utile que des associations comme le

    BNVCA ou le CCIF existent, qu’elles fournissent une aide psychologique et juridique aux victimes, qu’elles portent plainte. Mais elles ne doivent pas se livrer à une concurrence de chiffres sans mettre des mots derrière, jouer à qui brandira le plus gros nombre d’agressions pour suggérer qu’on est la première victime du racisme. C’est parce qu’on manque bien souvent d’arguments politiques qu’on fait tout dire aux chiffres. Il y a là un risque de dérive communautariste.

    C’est-à-dire ?

    Lisez leur charte. Le BNVCA y explique sa volonté de recenser les incidents antisémites, puis à l’alinéa 4, elle se donne un autre rôle : «Communication et public relations tous azimuts auprès des élus et des médias pour défendre l’image d’Israël qui est la cible directe de nos adversaires.» On sort ici du domaine de l’entraide. On entre dans le lobbying communautariste et pro-Israël. Que cette association soit pro-israélienne, c’est son droit. Mais ce mélange des genres sème le doute : est-ce que les chiffres qu’elle relaie sur l’antisémitisme doivent faire peur aux juifs et les pousser à partir en Israël ? Le CCIF affirme qu’il a aidé 1 000 victimes de l’islamophobie. Très bien. Mais il se donne aussi pour mission de lutter contre les lois sur le voile. Sur son site, dans son «Cercle des élus déchus de la République», le CCIF range Manuel Valls dans le camp des islamophobes. Pourquoi ? Parce qu’il a dit : «Le voile, qui interdit aux femmes d’être ce qu’elles sont, doit rester pour la République un combat essentiel.» Alors que six mois auparavant, il déclarait : «Les juifs de France peuvent porter fièrement leur kippa.» Je suis moi-même très critique vis-à-vis des lois de 2004 sur les signes religieux à l’école et de 2010 contre la burqa, mais je suis désolée, cette phrase ne fait pas à elle seule de Valls un islamophobe ! La lutte contre l’islamophobie ne doit pas être transformée en ligne politique avec des chiffres pour seuls arguments.

    La concurrence entre associations communautaires que vous dénoncez n’est-elle pas aussi le signe de l’échec des associations antiracistes classiques ?

    Tout à fait. Elles n’ont pas fait leur travail. La marche des Beurs a été récupérée pour créer SOS Racisme, qui a fait de la politique politicienne et n’a pas révolutionné la situation des minorités, et les autres associations vieillissantes n’ont eu ni l’audace ni l’inventivité nécessaire pour changer la donne. C’est un immense échec dont nous sommes tous responsables. Cela signifie aussi que les valeurs de la République ne sont pas partagées équitablement entre tous les citoyens de ce pays. Je comprends bien que certains d’entre eux se sentent oubliés et se disent «prenons-nous en main pour aider les ressortissants de nos communautés». Mais s’ils jouent à leur tour à la politique politicienne, cherchant à pousser leur agenda en faisant peur grâce aux chiffres, ils perdront eux aussi toute crédibilité.

    Propos recueilli par Sonya Faure

  5. Intervention en séance lors de la discussion générale sur le projet de loi portant adaptation de la procédure pénale au droit de l’Union européenne (23 juillet 2015)

    Hommage à Victor Hugo

    PJL n° 643:

    Portant adaptation de la procédure pénale au droit de l’Union européenne

    (Procédure accélérée)

    Discussion générale

    Jeudi 23 juillet 2015

    Esther Benbassa, Sénatrice EE-LV

     

    Monsieur le Président,

    Madame la Ministre,

    Monsieur le Président de la commission des lois,

    Monsieur le rapporteur,

    Mes ChèrEs collègues,

     

    Nous examinons aujourd’hui, en nouvelle lecture, le projet de loi portant adaptation de la procédure pénale au droit de l’Union européenne.

    Ce texte avait initialement pour objet de transposer en droit interne trois décisions-cadres issues du «programme de Tampere» de 1999 :

    celle du 27 novembre 2008 concernant l’application du principe de reconnaissance mutuelle aux jugements et aux décisions de probation aux fins de surveillance des mesures de probation et des peines de substitution ; celle du 23 octobre 2009 concernant l’application du principe de reconnaissance mutuelle aux décisions relatives à des mesures de contrôle en tant qu’alternatives à la détention provisoire ;

    et celle du 30 novembre 2009 relative à la prévention et au règlement des conflits de compétence dans le cadre des procédures pénales.

    Ces décisions-cadres poursuivent le même objectif : faciliter l’exécution en France de décisions prises dans d’autres Etats membres et imposant un contrôle judiciaire ou une peine assortie d’obligations ou d’injonctions, et inversement de permettre l’exécution de telles mesures dans un autre État membre.

    Sous l’impulsion du rapporteur de l’Assemblée Nationale, Dominique Raimbourg, le champ d’application du texte a été largement élargi et ce dans trois autres directions : la correction d’erreurs dans notre droit, l’aménagement des peines et les droits des victimes.

    J’ai déjà eu l’occasion de dire, dans cet hémicycle, l’attachement du groupe écologiste à une refonte globale des procédures d’enquête et d’instruction qui soit conforme aux principes énoncés par le Conseil constitutionnel et la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

    Mais je veux saluer ici le travail de nos collègues députés, au premier rang desquels les écologistes, qui ont contribué à ce que ce texte contienne de véritables avancées et garantisse mieux certains droits.

    Nous nous félicitons ainsi de l’adoption de mesures telles que la possibilité de domiciliation des victimes chez un tiers au moment du dépôt de plainte ou encore la facilitation du recours aux peines alternatives que sont le sursis avec mise à l’épreuve et la contrainte pénale.

    Il faut toutefois nous rendre à l’évidence, cet enthousiasme est loin d’être partagé, tant au sein de notre commission des lois que sur les bancs de cet hémicycle.

    Ce n’est d’ailleurs rien de moins qu’une motion tendant à opposer l’exception d’irrecevabilité qui a été adoptée, à l’initiative du rapporteur François ZOCCHETTO, mardi par notre commission.

    Il semble alors que les motivations de cette motion et les raisons qui ont conduit à l’échec de la commission mixte paritaire se rejoignent.

    En effet, notre rapporteur considère, je cite, que « l’insertion par les députés de 28 articles additionnels n’ayant pas pour objet, à l’exception de l’un d’entre eux, de transposer des textes européens apparaît contraire aux dispositions de l’article 45 de la Constitution sur le droit d’amendement. L’introduction de ces « cavaliers législatifs », dont certains n’apparaissent au surplus pas opportuns sur le fond, conduit donc votre commission à relever un premier motif d’inconstitutionnalité. »

    Autre point de crispation qui a suscité des débats houleux, tant sur les bancs de l’Assemblée Nationale qu’au sein de la commission mixte paritaire, l’introduction, par le gouvernement, de l’article 5 septdecies A relatif à l’information des employeurs en cas d’infraction liée à la pédophilie.

    Cette mesure, prise à la suite de plusieurs affaires de pédophilie ayant mis en cause des enseignants ou des professionnels exerçant leur activité au contact de mineurs, pose le difficile problème de l’équilibre entre l’impératif de protection des mineurs et l’indispensable respect du principe constitutionnel de présomption d’innocence.

    Toutes ces mesures sont capitales, en premier lieu pour les victimes et malheureusement, nous n’en débattrons probablement pas.

    La motion sera, selon toute vraisemblance, adoptée d’ici quelques minutes et le texte sera définitivement voté dans l’après-midi par nos collègues députés sans que nous, sénateurs, ayons pu ne serait-ce que discuter du fond de ce projet de loi.

    Je le regrette et ce d’autant plus que, j’en suis convaincue, le texte issu des travaux de l’Assemblée Nationale, contient de véritables avancées notamment en matière de droits des victimes.

    Je vous remercie.

  6. La société connectée sera-t-elle celle de la surveillance ? (Libération, 22 juillet 2015)

    libération

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  7. Ils n’ont pas honte ! Le sexisme trop ordinaire au Sénat (L’Humanité, 21 juillet 2015)

    L'Humanité

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  8. Les propos « discriminants » du sénateur JF Mayet suscitent la polémique (Public Sénat, 20 juillet 2015)d

    public sénat

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    La polémique enfle autour des propos « discriminants » du sénateur Les Républicains, Jean-François Mayet…Ca mériterait presque « la levée de l’immunité parlementaire », a déclaré ce matin la sénatrice écologiste, Esther Benbassa, à publicsenat.fr.

    Après une première passe d’armes, avec la sénatrice UDI, Chantal Jouanno, les propos du sénateur Les Républicains, Jean-François Mayet, suscitent de vives réactions sur la toile… Tenir « des propos discriminants de ce genre », ça mérite presque, « la levée de l’immunité parlementaire », a déclaré ce matin la sénatrice à publicsenat.fr.

    Premier à réagir, le Huffington Post, déplore qu’au Sénat, « les discussions volent parfois haut »…à travers ces « commentaires sexistes », le Lab d’Europe 1 fait remarquer qu’une fois de plus l’éternelle question ‘Mais qui va garder les enfants ?’ est remise au goût du jour.

    Et pour cause. Alors que les sénateurs de la commission du développement durable débattent, mercredi dernier, de la désertification médicale dans les territoires ruraux, Jean-François Mayet, se lance dans une explication quelque peu hasardeuse…Attribuant les causes du problème à la « féminisation » de la profession des médecins.

    « Au risque de choquer, le libéral que je suis est convaincu qu’on ne résoudra pas la désertification médicale en comptant sur les seuls médecins libéraux. Première raison : les jeunes médecins refusent le libéralisme : ils se contentent de gagner 3 500 à 4 000 euros par mois ; après dix ans d’études, c’est ridicule ! Une autre cause est la féminisation, puisque 75 % des nouveaux diplômés sont des femmes. Or nonobstant l’égalité, elles sont quand même là pour faire des enfants… »

    Des propos qui ont immédiatement choqué la sénatrice UDI, Chantal Jouanno :

    « Elles ne sont pas là « pour » faire des enfants ; elles font des enfants, c’est différent ! »

    Ce à quoi répond le sénateur Les Républicains : « gérer deux enfants en bas âge en même temps qu’une carrière de médecin, ce n’est pas une sinécure ! 

     

    La sénatrice écologiste, Esther Benbassa, a aussitôt réagi sur Twitter.

    Sans titre

    Tenir « des propos discriminants de ce genre », ça mérite presque, « la levée de l’immunité parlementaire », a déclaré ce matin la sénatrice à publicsenat.fr. « C’est indigne d’un représentant de la nation », se dit-elle « choquée », exigeant « qu’il demande publiquement des excuses aux femmes ».

    « Il est encore au 18ème siècle ! Dire ça aujourd’hui, en 2015, c’est une aberration ! Nos collègues sénateurs devraient sortir dehors et voir ce qui se passe dans le monde. S’ils restent attachés à ces préjugés, on n’ira pas loin ! » s’insurge Esther Benbassa.

     

  9. Le cannabis bientôt en vente libre ? (France Inter, 16 juillet 2015)

    france inter

    Pour (ré)écouter le débat, cliquez ici.

    Les invités du débat :

    –          Esther Benbassa, sénatrice EELV du Val-de-Marne

    –          Romain Perez, coordinateur du pôle économie du think tank Terra Nova

     –    Georges Fenech, député du Rhône, secrétaire national Les Républicains en charge de la justice

    –         Bertrand Lebeau, médecin addictologue, membre de la commission addiction auprès du ministère de la santé

     

  10. Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France (Créteil, 19 juillet 2015)

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