L’échec de la politique de déradicalisation pointé par un rapport parlementaire (L’Obs, 22 février 2017)
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« Les premières conclusions d’Esther Benbassa (Europe écologie – Les Verts) et Catherine Troendlé (Les Républicains) sont sans appel.

Désendoctrinement, désembrigadement, réinsertion des djihadistes… les dispositifs mis en place par le gouvernement français pour lutter contre la radicalisation remplissent-ils leur rôle ?

Deux sénatrices, Esther Benbassa (Europe écologie – Les Verts) et Catherine Troendlé (Les Républicains) publient mercredi 22 février un rapport d’étape sur la mission d’information qu’elles mènent depuis le printemps 2016. Et leur première conclusion est un constat d’échec. Dans une interview au Huffington Post, Esther Benbassa déclare :

« Nous ne sommes pas enthousiasmées par les résultats, et c’est peu de le dire. »

Une erreur de principe

Les deux sénatrices ont auditionné ministres, préfets, chercheurs et associations. Et elles ont constaté qu’en réaction aux attaques de janvier 2015, les autorités ont accéléré la mise en œuvre de la lutte contre la radicalisation, alors qu’il aurait fallu plus de temps pour bien faire les choses. Selon Esther Benbassa :

 « La déradicalisation en soi n’existe pas, c’est un mot qu’on a diffusé sans réfléchir à ce que cela signifiait. On a pensé qu’on pourrait prendre quelqu’un et lui laver le cerveau. Or, en réalité le lavage de cerveau n’existe pas vraiment et c’est même un mythe dangereux. Nous préférons parler d’embrigadement, d’endoctrinement. Il est normal que le gouvernement ait cherché à rassurer la société suite aux attentats. Mais il est parti d’une idée fausse et a pêché par précipitation. »

Le « business du terrorisme »

Les deux sénatrices constatent aussi que les dispositifs souffrent d’un manque de compétence du personnel. « On a découvert que toutes les associations n’étaient pas à la hauteur », explique Benbassa sur Europe 1 :

« On n’était pas assez outillés, on a bricolé. La déradicalisation en soi ne peut pas se faire. Les pouvoirs publics, après les attentats, ont été pris de panique. Il fallait faire quelque chose mais comme on est allé trop vite, on est tombé dans le bricolage. Une bonne partie des associations en quête de subventions ont collé au sujet sans être formées elles-mêmes, ce qui a créé ce que nous appelons le business du terrorisme.

Un « bouillon » dans les prisons

Au sujet des unités dédiées au sein des prisons, le constat est sans appel. Esther Benbassa met en garde :

« On ne peut pas réunir les gens qui pensent de la même manière, vous allez créer une sorte de bouillon qui va continuer à faire marcher la machine idéologique. »

[…]

Pour (re)lire l’intégralité de l’article de l’Obs, cliquer ici.