Prévention de la radicalisation : Muriel Domenach répond aux polémiques (La Gazette des communes, 21 février 2017)
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« Dans un entretien à la Gazette, la secrétaire générale du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR), Muriel Domenach tire le bilan de la politique de prévention de la radicalisation et précise ce qu’elle attend des élus locaux en 2017. Elle répond également aux polémiques visant certaines associations et structures de déradicalisation.

Deux ans après les attentats de janvier, quel bilan tirez-vous de la politique de prévention de la radicalisation ?

Nous sortons aujourd’hui d’une première phase, celle de mise en place de cette politique publique qui, je vous le rappelle, a vu le jour avant les attentats, qui ont mis le corps social dans un état de sidération.
Sur le terrain, les agents de l’Etat comme ceux des collectivités territoriales ont désormais réussi à intégrer la prévention de la radicalisation dans leurs modes d’action. Il y a une vraie mobilisation et je m’en félicite.

Nous allons maintenant poursuivre la prise en charge des personnes qui, selon les objectifs fixés par le gouvernement, doit doubler en deux ans. Nous étions à 1600 personnes et 800 familles en mai 2016. Nous en sommes aujourd’hui à 2400 personnes et 1000 familles.

Pour ce faire, nous allons nous appuyer sur les grands réseaux associatifs dans les secteurs de la prévention spécialisée (CNLAPS), des missions locales (CNML et UNML) mais aussi les maisons d’adolescents (ANMDA), les écoles des parents (FNEPE), les Points Ecoute Jeunes, la Fédération française de psychiatrie et bien sûr les élus locaux (France Urbaine).

La politique de déradicalisation fait l’objet d’une vive polémique depuis plusieurs mois. Certains, comme la sénatrice (EELV) Esther Benbassa, qui pilote une mission d’information au Sénat, n’hésitent pas à parler de « fiasco » et de « bricolage ». Comment réagissez-vous ?

Je comprends totalement l’inquiétude et les interrogations provoquées par les choix actuels de certains intervenants avec lesquels nous avons travaillé dans le passé, et notamment la coopération avec un repenti, mise en valeur au moment de la commémoration de Charlie hebdo et de l’hyper casher [NDR : l’ex djihadiste Farid Benyettou a engagé en 2016 une collaboration avec le cabinet de Dounia Bouzar et a publié un livre d’entretien au début du mois de janvier 2017]. Mais la réalité d’aujourd’hui est bien différente, car la prise en charge des personnes radicalisées est désormais assurée par des professionnels reconnus et non contestés issus du service public – PJJ, Aide sociale à l’enfance – ou des structures expérimentées comme les maisons d’adolescents, les associations d’aide aux victimes ou de lutte contre les dérives sectaires, avec lesquelles les préfectures travaillent de longue date.
Les critiques formulées aujourd’hui contre le choix de certains intervenants renvoient à une autre époque. La meilleure des réponses à ces polémiques repose sur la mobilisation de tous les grands réseaux de droit commun : les réseaux ont la capacité de s’auto évaluer et de se protéger des dérives et attaques liées à la médiatisation. […]

Pour (re)lire l’intégralité de l’article de la Gazette des communes, cliquer ici.